Édito

“Indignez vous” qu’ils disaient. En ces temps troublés, ou certains se sont permis de sous-entendre que Desproges serait consensuel s’il vivait aujourd’hui, la nécessité de nous indigner de façon unilatérale nous est apparue comme l’évidence la plus primordiale. Et comme peu d’entre nous se sentent l’âme des black-blocks qui défient leur époque et l’ultra-libéralisme, un pavé dans une main et un molotov dans l’autre (ce qui laisse peu de mains disponibles pour ouvrir une bière et rouler un joint), nous décidâmes d’un commun accord de faire prendre à notre indignation un tournant web 2.5 (pour les ignares et les bons français restés sur minitel, c’est l’étape intermédiaire entre l’Internet d’avant, et celui de demain. Un savant mix de skyblog, de contenu putàclick mal assumé et la promesse d’un jour pouvoir surfer avec un casque de VR vissé sur le crâne. Ce qui au final n’a aucun sens, mais pour la génération de demeurés arrivés sur internet avec candy crush et des smartphones vendus au prix d’un smic c’est vendeur, et notre ambition primaire, avant l’indignation, c’est le putain de pognon).

Alors nous y sommes, prêts à déverser notre bile et notre fiel sur toutes les injustices fondamentales qui polluent notre quotidien, des retards de la sncf aux frites mal cuites à la cantine, en passant par l’implication des russkofs dans toutes les problématiques occidentales (comment pensez vous qu’on ait pu gagner la coupe du monde en 98 alors que Papin ne jouait plus..nous ne croivons pas aux coïncidences). Sans oublier de baver sur les personnages publics de notre belle nation, du sosie de Trevor Philipps à la papesse de la consanguinité, la bien nommée Christine boudin, en embarquant dans le lot les Enfoirés, TPMP et le comble du mauvais goût annuel, les élections de Miss France.

Bonne lecture, bonne indignation, et comme on n’a peur de rien “messieurs les censeurs, on vous dit crotte”.

Nous sommes Lézion (oui je suis un nanon qui zozotte, et oui, je mets beaucoup de parenthèses, mais je vous emmerde).