Aimer son prochain, quoi qu’il en coûte

Oooooh oui je suis bien conscient qu’il est mal de souhaiter du mal à autrui, et qu’il est encore plus vilain de tirer des conclusions hâtives en se basant sur des éléments isolés. Oui, je condamne habituellement ce genre de mécanisme intellectuel avec une certaine véhémence. Mais parfois, la rigueur de l’homme de bonne volonté fond comme une motte de beurre laissée au soleil de l’ignorance des masses ignares et puantes (bim, un premier taquet).

C’est récemment, en parcourant la presse sportive pendant une réunion plus ennuyante que les autres, que je tombais sur un article narrant les exploits de nos bons amis les zultras. Le contexte était classique, un derby quelconque avait attiré dans une paisible bourgade comme on les aime tant chez nous une poignée d’individus passablement avinés (et fort peu éduqués, mais est-il besoin de le préciser),prêts à en découdre au nom de leur sacro-saint amour du ballon rond. Suite à quelques échauffourées avec ceux d’en face (encadrées par quelques compagnies de C.R.S, avec tout le tact et la bienveillance qu’on leur connaît), la presse déplorait quelques pertes humaines. S’il est déplorable que l’être humain puisse mourir d’autre chose que de vieillesse, dans ce cas précis, il serait idiot de se dire que ce n’est que malchance ou fatalité.

Bref, cet article a soulevé en moi quelques interrogations sur la coupe du monde à venir. Nul n’ignore que cette année, c’est la Russie qui héberge les hostilités. Alors oui, j’y viens. Quel comité d’accueil va attendre nos chers amis supporters et zultras? Qui se seront collés des dizaines d’heures de tupolev dans les guibolles pour aller encourager leur équipe de millionaire, espérant sinon un but, au moins une bonne bagarre. Culturellement, il me semble que les forces de l’ordre et les Zhooligans locaux zont moins enclins à la conversation amicale que par chez nous. Les paris sont ouverts, qui va ramener le plus de scalps? Les spetsnaz reconvertis pour l’occasion en stadiers, ou les autochtones des « amicales du ballon rond » régionales.

Mais quelle mouche m’a piqué ? Pourquoi tant de haine, de mépris, et de réjouissances à l’idée de voir de braves concitoyens se faire ratatiner la tronche, telle une cavalerie polonaise sur laquelle serait venue rouler une colonne de Panzers? Et bien il faut croire que depuis que ma bagnole a brûlé un soir de défaite d’un club dont on taira le nom, j’ai conservé un peu de rancoeur. Puis il faut dire que tout de même, dans un paysage déjà culturellement morose, assister au spectacle lamentable d’individus tentant de singer l’apparence de nos chers amis mannequins/ footballeurs, c’est une plaie. Les ravages en terme de look et de style sont incommensurables (et dieu sait que je m’y connais en coupe de cheveux douteuse). Quid d’un étron blond posé sur une tignasse brune, quid d’une touffe frisotante évoquant plus le caniche d’une vieille dame qu’une coupe réglementaire et homologuée par les FDP de la mode, quid d’une boucle d’oreille ou d’un diamant incrusté dans le lobe.

J’extrapole, mais dans un milieu qui prétend célébrer l’ultra-virilité du sportif, ce genre de détails peut prêter à confusion. Car si le supporter lambda n’aime pas trop les femmes et les personnes à la sexualité qui s’écarte des standards imposés par 30 millions d’amis, il n’empêche que quand il se réunit avec ses congénères, l’impression qui se dégage de cet attroupement tient plus de l’album « Les Schtroumpfs en vadrouille » (tousse) que Gladiator ou « 300 ». Même le supporter le plus ventripotent se promène en pantalon moulant avec des baskets à 200 euros-brouzoufs aux pieds. Quel spectacle désolant. Dommage que le grand Vinny Jones ait raccroché les crampons.

Pour conclure, une petite anecdote dont raffole le français, façon témoin de fait-divers sur tf1. Cette semaine, j’ai fait l’expérience de me promener avec une écharpe ramenée de Barcelone par un collègue, qui ressemble de loin aux couleurs du club local (l’écharpe, pas mon collègue). Et bien, dans les transports, j’ai senti quelques regards inquisiteurs, voire franchement hostiles.
Et pas d’amalgame hein, j’ai de très bons copains qui adorent le foot, voire même qui y jouent (passement de jambes façon Nadine Morano). Et quand j’étais petit j’étais secrètement fan de Paul Gascoigne.

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