2018, année des rimes en ite

Maintenant que les fêtes sont terminées et que la tournée des célébrations touche à sa fin, il est temps d’abandonner ce sourire crispé de type contraint de présenter ses meilleurs voeux à sa hiérarchie. Ça se voit que vous n’en pensez rien. Pour ma part, je me demande même si les chefs n’ont pas lu dans mes yeux que je leur souhaitais un long séjour aux enfers, dans les mains expertes des membres de l’Inquisition Espagnole que le trépas n’aura pas conduit aux portes du Paradis.

Passez donc à autre chose, remisez vos rancœurs les plus tenaces au placard et entamez l’étape suivante avec l’aplomb qui caractérise les grands de ce monde. Il est temps de vomir la dinde aux marrons, les huîtres et toutes les saloperies qui ressemblent à des mollusques dont on se goinfre en cette période cruciale pour les bonnes traditions chrétiennes bien de chez nous. Non, ce n’est pas ce détail gastrique que je voulais aboder, tout le monde se fout de ce qu’on peut déglutir dans l’intimité feutrée des gauges, je pensais évoquer l’épineuse question des résolutions, bonnes ou mauvaises, que tout bon concitoyen se doit de prendre. Il faut croire que cette tradition, issue du trou du cul d’un âne, a frappé toutes les couches de la société de plein fouet. Du SDF qui décide de ne plus être SDF au patron de multi-nationales qui jure qu’il ne pratiquera plus la fraude fiscale, en passant par les députés de tous bords qui jurent qu’ils ne dépenseront plus l’argent du contribuable pour leurs besoins personnels, en terminant par notre bon président qui promet que ça ira mieux (mais lui, il n’a pas totalement menti, ça ira bien mieux pour ses pairs et tout les patrons cités ultérieurement, qui n’auront plus à pratiquer la fraude fiscale au vu des avantages qui leur seront accordés). Personne n’est épargné, et autour de la machine à café, l’homme de bonne composition aura tôt fait d’annoncer crânement à la cantonnade sa farouche intention de se mettre à un sport impraticable dans sa région, ou encore de parler de son désir sans précédent d’adopter des petits chiens à la spa, tout en abandonnant le régime carné et la picole quotidienne.

Et bien moi, cette année, j’ai décidé d’abandonner la politesse et la retenue qui me caractérisent. Déjà, je ne dis plus bonjour dans les mails. Détail qui peut paraître anodin au commun des mortels, mais qui offre en plus de l’économie des 7 caractères par mail envoyé, l’assurance que  le destinataire hésitera à me solliciter à l’avenir vu que je semble être un connard malpoli. J’ai également juré devant Cthulhu et feu mon père d’écouter du Cannibal Corpse à fond dans le rer sur une enceinte portative, qui fait aussi boule à facette, pour emmerder le plus possible mes contemporains, et à la rigueur, traumatiser leurs esgourdes habituées à la soupe nauséabonde qu’on leur sert sur les ondes. Et avec un peu de chance, provoquer une crise d’épilepsie chez les plus faibles d’entre nous grâce aux lumières psychédéliques émanant de la dite enceinte, summum de la technologie digitalo-numérique.

Voilà, j’espère m’y tenir, et ainsi entrer dans la grande ronde des connards désagréables à vivre. Ah, et j’oubliais, je mettrai un point d’honneur à ne pas mettre mon clignotant, et à lever bien haut mon majeur à la moindre occasion. Je vais enfin découvrir cette décharge d’adrénaline qui semble s’emparer de la grande majorité des individus qui sillonnent les routes au volant de bolides plus ou moins coûteux et ridicules.

Et non, décidément pas bonne année. « I hope you’ll get cancer on your dick ».

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